Charlotte Lacoste, Annick Asso, Alex Mvuka Ntung : manque d’épistémé du Témoignage, Arts performing et Histoire de la Philosophie ? Réflexions Criaeau

Billet Seyam, défense des Droits Humains : https://laurentbeaufils.over-blog.com/2025/04/lbskmc-criaeau-igsc-e3r3-charlotte-lacoste-annick-asso-alex-mvuka-ntung-manque-d-episteme-du-temoignage-arts-performing-et-histoire-de-la-philosophie-reflexions-criaeau.html?fbclid=IwY2xjawJ0MtZleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETFTb2dJMEZOcDB0bDdoaWNYAR4BCn-ki4MJzNxhEOInfzJJZ_ETyitPNxoHFf3exEBocf4zOctHmzqiKfys5w_aem_IUHsh5Q7p6mHWAXz8biu5g

Edito : la proposition est de réfléchir à un double mouvement observable entre artistes chercheurs et scientifiques universitaires, corroborant dans leur rapport aux Témoignages de survivant(e)s, tant un  » manque d’épistémé  » , que par conséquent un  » usage éthique des Témoignages dans les questions de représentations de l’Histoire « .

Pour le dire autrement, tant les  » romans nationaux  » que les courants négationnistes tendent à nier les témoignages, à les écarter, pour tant nier les criminalités d’états et ou de religions, que pour croire parfaire l’impunité des criminel(le)s génocidaires. S’en est suivi tant dans le champ de la littérature qu’en les genocide studies, des formes de diffusions négationnistes et ou tronquant, depuis les archives internationales, les témoignages de survivant(e)s.

Ce pourquoi nous renvoyons tant à l’étude de madame Charlotte Lacoste ( Université Metz-laboratoire CREM ) en sa réflexion sur cette question, qu’à l’actuel de la publication de madame Annick Asso ( Université de Montpellier ) qui produit donc contre un manque d’épistémé, une diffusion de témoignages réfléchie en tant qu’Éthique appliquée aux Éducations et productions littéraires.

Le colloque international en Kwibuka 31 à Kigali ce 7 avril nous donne également à voir cette réflexion sur  » le manque d’épistémé » de la part d’un chercheur rwandais, le Dr Alex Mvuka Ntung, au regard des témoignages de survivants Banyamulenge, citoyens congolais rwandophones, en RDC.

Notre réflexion s’inscrit dans une démarche d’artiste-chercheur et de dramaturge qui, depuis Rwanda 1994  » une tentative de réparations pour les morts à l’usage des vivants » du Groupov, s’est évertuée à introduire le rapport aux Témoignages de survivant(e)s, dans des dramaturgies et ou performances théâtrales, de notre association Criaeau au Théâtre d’Or et jusqu’au Festival International UBUMUNTU à Kigali à l’amphithéâtre du mémorial du génocide des Tutsi en 2019 et 2024.

Si, en qualité d’artiste-chercheur, j’ai acté dans des conditions de productions et de recherches entièrement décalées, sans souci de médiatisation, c’est tant dans le cadre d’une réflexion éthique sur l’usage des Témoignages (  » Vers une Ethique appliquée  » – 2012 ), que dans le rapport à « l’Acte Juste », situé dans les ateliers Ici et Maintenant du Groupov ( Mémoire de Master INSAS 1997 ). Qu’ainsi, seulement des formes de traces, de captations  » sauvages  » , sur des lieux de maquis et ou de résistance, dans le cadre de laboratoire de recherches, aient donné lieu à des interventions non diffusées et non médiatisées, s’expliquent par notre souci d’inscrire  » au sein d’une société majoritairement négationniste et ou désinformée « , ce rapport aux Témoignages de survivant(e)s, tel que depuis les archives, le REEL de notre connaissance des faits et récits qui, une fois reconnu en Justice, permettent d’instruire des procès et rétablir la Justice contre les restes de refoulement négationniste.

Il s’agit bien de formes d’interventions, performées, appuyées en Droit et recherches internationales, conscientes de dénis et ou ignorance, qui ont pour objectifs premiers de briser en soi le silence et le non dit, le non entendu et le tronqué, c’est à dire ce que ces chercheuses et chercheurs en France comme au Rwanda, nomment  » manque d’épistémé « , à tout le moins en littérature. Que notre choix de performer en Théâtre s’inscrivent depuis et avec le Groupov jusque avec le Festival International Ubumuntu à Kigali, c’est à dire en compagnie d’artistes internationaux plus ou moins reconnu par la presse, ait relevé d’une Ethique et d’une esthétique, aux marges des conditions de productions et de diffusions dites  » normales « , s’explique en partie pour notre désir et devoir de faire entendre les voix trop souvent étouffées et niées de survivant(e)s, pour forcer au déblocage des mises en Justice et jusqu’encore introduire le Témoignages en les éducations normatives.

Que depuis Maxime Steinberg ( ULB Institut du Judaïsme) ait été produit un constat scientifique relatif aux  » savoirs de surface  » comme étant une des causes des refoulements négationnistes et ou de manques  d’épistémé, nous renvoit à l’humble praxis du Témoignage en Théâtre,, quasi-sacerdotale, de désirer assumer un Devoir de Mémoire et d’EDUCATION à même d’engager les réparations nécessaires en Justice, et donc jusqu’en Universités dans l’étude des narratifs et langages ( JP Faye   » Les langages totalitaires » 1972) qui, avec les lois anti-négationnistes, soit à même de parfaire nos recherches et actualisations en genocide studies.

Nous observons que l’interdisciplinarité qui sied à nos recherches et performances, s’inscrit depuis les Archives, avec Les Témoignages, au sein de l’histoire de la Philosophie et de l’histoire du Droit International, où nos interventions en Arts sont complémentaires des recherches produites depuis la conférence internationale de 2008 à Kigali, IGSC-CNLG :  » Le génocide des Tutsi et les Champs de Reconstructions des savoirs  » .

Conscients de la forme marginale de nos interventions ( blacklistées et ou ignorées par la presse), nous revendiquons jusqu’avec les chercheuses et chercheurs universitaires concernés, un  » usage éthique des Témoignages dans les questions de Représentations de l’Histoire  » qui interroge les narratifs et langages usités jusque dans les médias actuellement, pour réouvrir aux études constituées et questions actuellement en cours.

Ainsi la Légitimité du Témoignage nous apparaît comme refondatrice d’un rapport aux Educations jusqu’en Justice, nécessaire à diffuser, pour contrer, des refoulements négationnistes au manque d’épistémé, les savoirs de surface, dans un objectif assumé de prévention.

Que ces questions induisent des approfondissements nécessaires en Histoire de la Philosophie, et nos recherches sur la Philosophie de Pierre Leroux ( qui devraient être discutées à l’ERIAC Université de Rouen avec Emmanuel Faye en septembre 2025 ), se proposent donc d’ouvrir des débats, jusque ce que nous avons nommé des  » Lumières du Rwanda  » : et là, depuis donc les Lumières philosophiques de la Révolution française des droits de l’Humain de 1789, nous comprenons qu’un débat philosophique sur les totalitarismes du 20ème siècle a donné lieu par Hannah Arendt, à la diffusion des pensées de Martin Heidegger, dans des proportions mondiales très largement critiquées aujourd’hui, et stipulant et symbolisant jusque ce  » manque d’épistémé  » du Témoignage, depuis les archives, la Question du Droit en Philosophie.

Là, l’actuel en vigueur des Lois anti-négationnistes, à tout le moins au Rwanda comme en France, nous permettent d’acter, avec des ONG et parties civiles ou associations de survivant(e)s telle IBUKA,  de procès contre des propagandistes révisionnistes et négationnistes, ayant tenté de diffuser à grande échelle, ces tronquages d’archives et de témoignages jusqu’y substituer la récidive de propagations d’idéologies racistes et pro-génocidaires : c’est le cas du dénommé  » onana  » inculpé France en décembre 2024 de  » négation du génocide des Tutsi  » .

Cette victoire juridique et philosophique ne doit cependant pas croire dissimuler ce  » manque d’épistémé  » du Témoignage en littérature comme dans les champs interdisciplinaires universitaires et jusque dans les médias , pour parfaire concrètement les actualisations cognitives nécessaires, et engager la suite des recherches universitaires et diffusions d’éducations par les Arts, au sein d’une conscience collective en notre Ethique de la Responsabilité assumée depuis l’histoire de la Shoah, le Tribunal de Nuremberg, et le Code de Lois internationales ONU UNESCO relevant de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948.

Très bonnes études .

Laurent Beaufils , écrit à Boussac, le 22 avril 2025 à 10 heures .