Hommage à Elie Wiesel et à tant d’Autres ………

Très simplement, j’ai le désir d’écrire, en hommage à Elie Wiesel, ainsi qu’à tous les survivants et survivantes .

70 ans après la shoah, nombreux sont ceux et celles qui nous quittent désormais , même si nombreux sont encore ceux et celles qui restent avec nous.

C’est la vie.

Mais parmi ces parcours exceptionnels d’Humains ayant survécu aux camps de concentration et camps d’extermination, restent les témoignages, les visages, le écrits, les interviews …

Ces témoignages s’ancrent dans la Mémoire de l’Humanité tel un SAVOIR UNIVERSEL désormais à transmettre , bien autrement que le simple  » devoir de Mémoire » .

L’Histoire de la Shoah, en son Unicité, relève de la tentative de description de ce que fut un des plus grands crimes contre l’Humanité de tous les temps, une extermination INDUSTRIELLE à l’heure pourtant de la Société des Nations et d’une forme d’Internationale progressiste.

 

Avec les Lumières, l’Histoire de la shoah émane telle la description de l’extermination de l’Homme par l’Homme, là où donc, les Témoignages de Survivants forment un nouveau CORPUS LITTERAIRE très important.

Si d’ailleurs les survivants eux mêmes ont constitué à travers ce corpus une somme Philosophique, ce sont aujourd’hui des penseurs telle Charlotte Lacoste qui nous invite à prendre la mesure de ce  » nouveau genre littéraire » , et d’autres tel Didier Durmarque, qui nous invite à réinitier la Philosophie , 70 ans après la shoah.

 » Vers une Ethique appliquée  » s’inscrit entre les deux, en cette mouvance de Reconstruction des Champs des Savoirs au 21ème siècle, en l’Usage ETHIQUE des Témoignages en les Questions de Représentations de l’Histoire , jusque en ARTS.

On ne résume pas l’oeuvre d’Elie Wiesel en 5 lignes et cet écrivain, tout comme Jorge Semprun, tout comme Charlotte Delbo, tout comme tant d’autres, sera étudié au 21ème siècle dans ce que désormais, les Témoignages de Rescapés renforcent des réflexions philosophiques universelles.

Pour mon humble part, ce sont les interventions d’Elie Wiesel dans le New York Times dans les années 1970 qui m’ont le plus marqué : ce REFUS de la BANALISATION, ce REFUS DE LA TRIVIALISATION, signifiant du lien entre Historien et Témoin, réflexion philosophique et ETHIQUE pour le futur……

Nous y voici : déjà la mort d’Elie Wiesel semble en partie minimisée, entre les hommages prestigieux et les relents pathologiques de haine, de mépris et ou d’indifférence .

Ce simple Ecrivain porte pourtant une Oeuvre et une Responsabilité publique qui a fait comprendre à tant et tant que l’Enseignement à l’Histoire de la shoah n’est pas juste une  » option » : cet ENSEIGNEMENT est au cœur des REFONDATIONS DES EDUCATIONS , et  » VERS UNE ETHIQUE APPLIQUEE  » est dans la droite ligne d’Elie Wiesel, arc-boutté sur la NECESSITE de recentrer les Représentations de l’Histoire universelle sur cet évènement sans précédent dont tout cas de récidive symbolise l’échec Humain à se socialiser .

Je pense au Musée de la Résistance et de la Déportation de la Creuse, là où nombre de survivants s’en vont, espérant pouvoir VOIR néanmoins enfin LEUR MUSEE de la Résistance : en cette Terre de Creuse où le sort des Enfants juifs cachés comme l’Histoire de la Résistance offre un patrimoine exceptionnel, il serait grand temps que la volonté politique voit le jour pour faire naître ce NECESSAIRE MUSEE d’HISTOIRE de la Shoah.

Ainsi aussi de  » l’état  » de cet Enseignement , entre les vitrines que sont l’USHMM, le Mémorial de la Shoah et Yad Vashem : ces 3 grands centres mondiaux quelquefois masquent mal ce qu’il reste à accomplir de travaux immenses pour ne serait -ce que RELATER les FAITS HISTORIQUES et donner accès aux TEMOIGNAGES.

Puisque encore avec Elie, MINIMISER cette HISTOIRE, TRIVIALISER cette HISTOIRE UNIVERSELLE, c’est tomber malade de négation et récidiver jusque des formes suicidaires .

Or là se trouve la limite Philo-existentielle de l’Homme au 21ème siècle : 23 ans après le cas de RECIDIVE au RWANDA, tout nouveau cas de GENOCIDE émerge tel un ECHEC de la Communauté Internationale : et il nous faut bien contrer les vagues de refoulements négationnistes par de NOUVELLES STRUCTURES, actualisées des études et recherches, cours et enseignements du 21ème siècle…

Mais ce très humble billet pour penser à une « petite chose » : monsieur Elie Wiesel est décédé après qu’en France , ait été voté une Loi qui permettait de condamner et punir tout négationnisme de GENOCIDE, des Arméniens aux Tutsi . Là, Elie Wiesel s’est toujours battu et levé, dressé contre toute injustice , pour les Tutsi comme pour les Darfouris : je pense, dans la peine et les larmes que Elie a dû se dire que c’était bien cette loi : que se battre pendant 23 ans à son grand âge pour que soit puni tout négationnisme du cas de récidive 50 après la shoah, c’était son DEVOIR ACCOMPLI.

Je me souviens de l’avoir entendu, seul, HURLER pour que cesse le GENOCIDE au DARFOUR : j’avais presque honte que SEUL cet Homme se DRESSE, SEUL, devant ce qui aurait du faire le commun DEVOIR des responsables politiques internationaux …

Je pense à Yad Vashem, entré dans cette douloureuse phase de voir nous quitter les survivants et je sais qu’il nous faut prendre un maximum de témoignages, de récits, qu’il nous faut écrire, raconter, mettre en livres, études, recherches, cours , poèmes, théâtre , cette Histoire et nos réflexions.

Je pense à Elie Wiesel et aux nouvelles générations du 21ème siècle .

ET je pense aux livres .

VERS UNE ETHIQUE APPLIQUEE.

Laurent Beaufils Seyam. Juillet 2016.